Wilfredo Lam, Lithographie
À propos de l’artiste…
Wifredo Lam, né le 8 décembre 1902 à Sagua La Grande (Cuba) et mort le 11 septembre 1982 à Paris, est un peintre cubain promoteur d'une peinture métissée alliant modernisme occidental et symboles africains et caribéens. Il grandit dans un environnement multiculturel avec une mère cubaine d'origine espagnole et congolaise, un père d'origine chinoise et une marraine prêtresse de la Santería, religion afro-cubaine — un héritage pluriel qui façonnera toute son œuvre.
Après des études à l'Académie San Alejandro de La Havane puis à Madrid, il arrive à Paris en 1938 où sa rencontre avec Picasso, dans son atelier de la rue des Grands Augustins, est décisive : Picasso l'introduit auprès de Braque, Matisse, Miró, Éluard, Tzara et Kahnweiler. Après la défaite de la France en 1940, il rejoint Marseille où sont réfugiés des intellectuels hostiles au nazisme, puis fait escale en Martinique où il rencontre Aimé Césaire, avec qui naît une amitié profonde et un combat commun contre l'injustice coloniale.
De retour à Cuba, il met son art au service de l'expression de la culture et des rituels afro-cubains, développant un langage qui mêle cubisme, surréalisme, art africain et imagerie caribéenne. Son approche tourbillonnante mêle le végétal et le minéral au monde animal, peuplant ses toiles de totems, de masques ovales, de divinités inquiétantes, de femmes sans visages et d'oiseaux trop humains.
Son œuvre maîtresse, La Jungle (1943), exposée à New York, est acquise dès 1945 par le MoMA. Figure transatlantique, proche de Picasso, reconnu par les surréalistes comme l'un des leurs, il côtoie également les Imaginistes, Phases et CoBrA, tissant un langage singulier et universel entre l'Est et l'Ouest, l'Ancien et le Nouveau Monde. Il meurt à Paris en 1982, laissant une œuvre monumentale, révolutionnaire et profondément humaniste.