Léonor Fini, Gravure, 1980

Léonor Fini, Gravure, 1980

€450,00
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Léonor Fini, Gravure, 1980

Léonor Fini, Gravure, 1980

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Authenticité
Original
Type
Gravure
Support
Sur papier, vélin
Style
1980
Caractéristiques
Signée
Léonor Fini
Gravure signée en bas à droite, 
Numérotée sur 50 ex, 
Timbre sec éditeur en bas à gauche, 
Cette gravure est réhaussée de gouache par l'artiste,  
Format : 52 x 70 cm
Petit plis en bord de cuvette à gauche.

🌐 TRANSPORT OFFERT : L'affiche sera soigneusement emballée pour assurer une protection optimale pendant le transport.


Ne pas hésiter à demander des précisions ou des photos supplémentaires. 

Leonor Fini (1907-1996), née à Buenos Aires mais élevée à Trieste, est l’une des figures les plus singulières du XXe siècle artistique. Peintre, dessinatrice, écrivaine, costumière et intellectuelle, elle refuse dès ses débuts toute appartenance aux écoles ou mouvements établis y compris au surréalisme dont elle partage pourtant certaines obsessions. Car chez Fini, tout est affaire de refus : refus des assignations genrées, refus du patriarcat intellectuel, refus des hiérarchies dans l’art. Autodidacte, elle développe un langage pictural d’une rigueur technique presque maniériste, au service d’un imaginaire baroque, mythologique et résolument féminin.

Son œuvre, traversée de corps androgynes, de sphinx aux regards souverains, de prêtresses nues et d’animaux familiers, crée une cosmogonie intime et puissante, où l’inconscient n’est plus le lieu de la névrose mais celui d’un pouvoir régénérateur. Fini construit une mythologie du féminin sacré, où la femme n’est ni muse ni objet de désir, mais entité créatrice, souveraine de ses métamorphoses. Contrairement aux fantasmes masculins du surréalisme orthodoxe, elle place la femme au centre de son propre récit, en dehors du regard masculin.

Refusant d’être subordonnée à André Breton et à ses dogmes, elle fréquente pourtant le cercle parisien des années 30 : Ernst, Éluard, Dali tout en conservant une autonomie. Elle invente, dès les années 1940, une forme de performance avant la lettre : mise en scène permanente de soi, intérieurs théâtraux, animaux totems, et entourage amoureux pluriel. Sa vie privée devient une œuvre en soi, à la frontière du mythe et du manifeste.

Elle illustre Sade, joue avec l’érotisme et la cruauté, mais sans jamais se compromettre dans une vision masculine du désir. Au contraire, elle féminise l’iconographie du pouvoir, interroge la violence symbolique, et met en crise les représentations normatives du genre. Son art, souvent classé à tort comme “surréaliste”, est en réalité un territoire autonome, traversé par le symbolisme, le gothique, la Renaissance italienne et une pensée profondément libertaire.

Fini a influencé, sans toujours être reconnue à sa juste place, toute une génération de créatrices de Leonora Carrington à Dorothea Tanning et trouve aujourd’hui un écho nouveau dans les réflexions contemporaines sur le genre, l’identité et le pouvoir des images. En marge de tous les courants, elle incarne une avant-garde intérieure, lucide et indomptable, qui aura donné corps à une autre vision du féminin : ni passif, ni décoratif, mais secret, souverain et sorcier.






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